
– Photo by Andy Reynolds
La domination, elle, avait encore sa stratégie. Elle était d’intégrer le négatif au fil des conflits et selon une perspective dialectique ouverte par ses adversaires eux-mêmes. Tandis que la forme hégémonique tend tout simplement à les liquider, en les tenant pour nuls, excentriques et résiduels. Une manière, non plus d’oppression et d’aliénation, mais d’excommunication de tout ce qui ne rentrer pas dans cette sphère de l’échange et de la performance intégrale. Une manière de forclusion d’une minorité délinquante – exactement à l’image de la position théologique qui dit que le Mal n’existe pas.
– BAUDRILLARD, Jean ([2006]2008). «Le Mal ventriloque», Carnaval et cannibale. éd. de L’Herne, Paris, p. 41-42